En Tunisie, le ministre de la santé démissionne après le décès de 11 bébés dans une maternité

epa06335076 A prematurely born child receives intravenous feeding in an incubator in the intensive care unit of the Obstetrics and Gynecology Clinic of Semmelweis University in Budapest, Hungary, 16 November 2017 (issued 17 November 2017). World Prematurity Day is observed on 17 November each year since 2011 to raise awareness of preterm birth and the concerns of preterm babies and their families worldwide. EPA-EFE/Balazs Mohai HUNGARY OUT

En Tunisie, le ministre de la santé démissionne après le décès de 11 bébés dans une maternité

La mort de onze nouveau-nés entre jeudi et mardi dans une grande maternité publique de Tunis a choqué l’opinion publique tunisienne.

Le ministre tunisien de la santé, Abderraouf Chérif, a démissionné après le tollé provoqué par le décès de 11 nouveau-nés entre jeudi 7 et vendredi 8 mars dans une grande maternité publique de Tunis. Le premier ministre Youssef Chahed a annoncé avoir accepté sa démission, a fait savoir tard samedi soir la présidence du gouvernement tunisien sur sa page Facebook.

« Les responsables de tout manquement seront poursuivis », a déclaré M. Chahed, qui s’est rendu à la maternité samedi soir, après l’indignation déclenchée par ces décès considérés comme révélateurs d’un délabrement du système de santé publique dans le pays. « Il y aura des réunions la semaine prochaine avec toutes les structures du secteur de la santé pour évaluer tous les problèmes », a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée par ses services.

« Les éléments de l’enquête en cours s’orientent vers une infection nosocomiale [contractée au cours de l’hospitalisation] sévère, dont le point de départ est un produit d’alimentation parentérale », c’est-à-dire administré par sonde gastrique, a expliqué la société tunisienne de pédiatrie dans un communiqué publié sur Facebook. Une enquête sanitaire et une autre enquête judiciaire ont été ouvertes.

« Crime d’Etat »

Mais les images de parents quittant l’hôpital avec le minuscule corps de leur enfant dans des cartons usagés ont choqué l’opinion tunisienne. « Crime d’Etat », titrait ainsi dimanche le quotidien national Essafa

Le président de la société tunisienne de pédiatrie, Mohamed Douagi, avait alerté sur sa page Facebook il y a quelques mois de la situation dans cette maternité, qui gère selon lui 15 000 naissances par an. Un service de réanimation néonatale s’est retrouvé avec « la seule cheffe de service et ses deux assistantes », après un départ de médecins, avait-il souligné, accusant le gouvernement de chercher à faire des économies dans un secteur « mourant ».

De nombreux praticiens tunisiens quittent le pays pour trouver de meilleures conditions de travail à l’étranger. Le pays, qui a promis au Fonds monétaire international de diminuer son déficit budgétaire, peine à réorganiser des services publics qui périclitent.

Source: Le Monde

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