Une mesure prévue dans le projet de loi de finances rectificative
Les achats en provenance de Chine et le textile turc, premiers impactés

Un nouveau tour de vis aux importations. Les droits d’importation sur les produits finis pourraient, une nouvelle fois, être relevés. La proposition figure dans le projet de loi de finances rectificative discuté hier mardi 7 juillet en Conseil de gouvernement. Le taux de 30% sur des produits finis passerait à 40%. Ce serait la deuxième hausse consécutive après celle intervenue au 1er janvier de 25 à 30%.

Cette mesure a non seulement un objectif budgétaire, mais elle est aussi un signal politique envers la production nationale. L’idée est de pousser autant que possible les industriels à produire les articles concernés et surtout à protéger le marché local. Un sujet qui n’est plus tabou puisque plusieurs pays déploient des instruments protectionnistes.

«Lorsqu’on zoome sur les statistiques du commerce extérieur, en particulier sur les importations, il y a des choses choquantes. Nous importons des balais, des chaussettes, des théières…», s’étonnait Nabyl Lakhdar, directeur général de la Douane aux assises de fiscalité tenues en mai 2019.

Ce relèvement du taux, s’il est adopté, impactera tous les produits finis importés de pays ne disposant pas de conventions tarifaires avec le Maroc. Le premier concerné n’est autre que la Chine avec laquelle le déficit commercial ne cesse de s’aggraver depuis 2011: 47,1 milliards de DH en 2019 contre 44,7 milliards en 2018. Les importations de textile turc sont également dans le viseur.

Depuis janvier 2008, les achats de textile en provenance de ce pays sont soumis à un droit additionnel ad valorem équivalent à 90% du droit d’importation applicable dans le cadre du régime de droit commun, soit 30%. Ce qui se traduirait par 9 points de plus pour les droits d’importation. La balance commerciale avec la Turquie s’est dégradée de 3,5 milliards de DH affichant un déficit de 19,5 milliards de DH en 2019.

Avec la crise, la majorité des secteurs sont revenus à la charge sur la nécessité de protéger le marché intérieur. Dans le plan de relance de la CGEM, les propositions des fédérations professionnelles ont convergé dans ce sens. A titre d’exemple, la fédération de l’automobile demande «d’interdire et de structurer les importations de pièces de rechange produites localement tout en renforçant le contrôle normatif au laboratoire».

 

Source: L’Economiste

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